Cinéma, opéras, comédies musicales

Mardi 17 janvier 2006 2 17 /01 /2006 13:28

Au dire  de l'Insupportable L, "Cosi" est "le meilleur opéra de Mozart". Comme il avait dit de "Tristan" que c'était "le meilleur opéra de Wagner" et que je m'y étais souverainement enquiquinée, je me méfiais bien un tartipoil, mais...

Le début du premier acte m'a enchantée par sa légèreté toute italienne, le duo entre Guglielmo et Ferrando me rappelant celui de Papageno et Papagena dans la "Flûte". Les longueurs qui se sont étirées ensuite m'ont fait souhaiter l'entracte avec la ferveur d'une première communiante le jour de sa communion.

Le deuxième acte m'a littéralement assomée. Trop long, trop mou, manquant d'énergie, de brio, de vigueur. Je l'aurais fait en trois actes, moi ce truc là. Et Lorenzo Daponte ne s'est pas trop foulé sur le livret, le texte est un peu creux et souffre de trop de répétitions.

Il y a heureusement quelques scènes amusantes qui sont une épice bienvenue pour relever la fadeur de cette soupe à l'ennui: l'entrée de Dorinda en médecin farfelu et ses vocalises aux tonalités changeantes, son déguisement en notaire, ... La pièce a été bien servie par des chanteurs ayant un don certain pour la comédie et le burlesque. J'ai aussi apprécié le retour à une mise en scène classique, surtout après l'épouvantable modernité de la mise en scène de l'Or du Rhin, il y a deux semines.

 

Par Jeune Fille Viennoise - Publié dans : Cinéma, opéras, comédies musicales
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Mardi 17 janvier 2006 2 17 /01 /2006 15:54

Qu’on arrête le massacre! Qu’on rétablisse la censure, qu’on instaure un Ministère du bon gout artistique, qu’on pende à leurs décors tous ces ânes bâtés qui détruisent une oeuvre des plus belles en accumulant les horreurs, et donnent comme alibi à leur grotesque mauvais goût le nom cliquant de “modernité”! Halte á la dictature du renouveau, redécouvrons la beauté du classique et arrêtons de louer les habits neufs de l‘empereur!

 

Wagnérienne d’autant plus convaincue que tardivement convertie, c’est avec joie que j’attendais de voir enfin l’Or du Rhin. Parce que j’ai commence la Tétralogie à l’envers, avec la Walkyrie, suivie de Siegfried. Il manquait donc le début et la fin.

Levée aux aurores un samedi matin pour rafler une carte de dernière minute, je me suis pomponnée pour faire honneur au spectacle et me suis rendue à l’opéra frétillante d’impatience.

 

En voyant trois dondons s’agiter pieds nus dans une tunique à paillettes version Whitney Houston j’ai cru m’être trompée de soir…  Mais non.

 

Horreur et queue de morue quand Wotan a fait son apparition sur la scène vêtu d’un costume de mauvais drap tout fripé, un bandeau crade sur son oeil et un lambeau d’étoffe noué au cou en guise de lavallière.

 

J’ai failli avaler mon programme en voyant Fricka sautiller sur la scène en robe de toile et canotier de paille.

 

J’ai tellement ri en voyant les géants grotesques que j’ai regretté que ma maman ait supprimé mes pampers quand j’ai eu un an.

 

Et v’là-t-y pas qu’en guise de dieux secondaires on nous envoie un espère de grand dadais efféminé portant vareuse blanche à boutons dorés et casquette de marin, et son copain à queue de cheval et costume blanc sur souliers vernis. Allez, on lève les bras et on chante en choeur “Y… M CA, is good to be at the Y… MCA”.

Suivent Mime et tous les Nibelungen en costume trois pieces. Ben voyons, on a souvent vu des Nibelungen creuser dans les mines en gilet, cravate et pantalon à pinces, hein?

 

Je suis prête à parier un sachet de cacahuètes que le sombre crétin qui a défiguré l’Or du Rhin est le meme rigolo qui a fait de Nabucho une guignolesque pantalonade. Je demande solennellement à ce qu’on rétablisse le pilori pour y clouer tous ces tocards qui pensent faire de l’art et ne font que du cochon. Au clou les modernistes, inventons le crime de lèse-bon goût et qu’on me donne la présidence du jury; je ferai des heures supplémentaires pour des autodafés dignes de Savonarole! Je fournirai meme les allumettes!

 

 

Par Jeune Fille Viennoise - Publié dans : Cinéma, opéras, comédies musicales
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Mercredi 19 juillet 2006 3 19 /07 /2006 18:03

De retour de voyage quoi de plus indiqué qu'un plateau télé? Sushis et DVD pour les deux voyageuses de retour hier soir. Emilie a choisi pour nous le premier (je crois?) film réalisé par Clint Eastwood: Minuit dans le jardin du bien et du mal.

Ca se passe à Savannah: idéal pour la grande fan de Scarlett que je suis.

C'est le très sexy John Cusack qui tient le rôle principal.

C'est Clint qui est derrière la caméra (je suis une inconditionnelle de Clint, aussi bien en tant qu'acteur qu'en tant que réalisateur, et j'ai sauté partout de joie quand il a raflé les oscars avec Million Dollar Baby).

C'est un film amusant, curieux, complètement "diférent". Différent de quoi? Différent du reste. Aussi bien des autres films de Clint que des autres films des autres. Il y a une ambiance, une atmosphère, un air d'ailleurs. Quelque part la bonne société de Savannah me fait penser à la bonne société de Vienne, où les rats quittent le navire en cas de tempête mais s'empressent de revenir une fois les apparences sauves. Un film au goût de jambalaya: savoureux, dense, avec des épices qui parfument, restent en bouche, ... Oui, j'ai bien aimé.

Par Princesse Strudel - Publié dans : Cinéma, opéras, comédies musicales
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Jeudi 17 août 2006 4 17 /08 /2006 14:37

Volver ressemble à un soufflé au chocolat agrémenté de piment.

Almodovar tend la trame d'un burlesque à vous faire pouffer de rire pour dérouler ensuite les notes d'une chanson qui tire des larmes, touchant au plus profond du coeur.

Où la mort brutale du mari n'est que le prétexte à l'union des femmes.

Volver a réussi le tour de force de me faire passer du rire aux larmes l'espace de trois scènes.  Et réconciliée avec Penelope Cruz, dont jke n'avais jamais été fan, mais qui montre dans ce film un talent indéniable.

Est-ce parce que j'ai grandi dans un monde où les femmes étaient seules, fortes et índépendantes, où l'instinct maternel est la plus grande des forces et où une mère serait prête à tout pour son enfant, Volver a touché mon coeur, et je me suis tout de suite identifée à ces femmes, sentie proche d'elles. Almodovar aborde sous couvert de la comédie des sujets profondéments violents, montre des coeurs blessés, meutris, fragiles, sans sombrer dans le mélodrame ou l'apitoiement, en gardant toujours une touche d'humour. Un grand film.

Et, n'en déplaise à l'Insupportable, absolument pas féministe.

A voir d'urgence.

Par Princesse Strudel - Publié dans : Cinéma, opéras, comédies musicales
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Jeudi 7 septembre 2006 4 07 /09 /2006 13:36

Ca c'est le programme de ce soir. Enfin, de cet après-midi. Ici les opéras commencent très tôt: 19.00 en général, 17.00 pour les Wagner joués le dimanche, 18.00 aujourd'hui pour Lohengrin, plus court que la Walkyrie, plus long que la Traviata.

L'opéra viennois est toute une tradition. On y va en début de soirée, ce qui permet d'y aller aussi en semaine sans pour autant rentrer chez soi à pas d'heure et devoir payer le taxi à la baby-sitt'. C'est moins cher que le cinéma (premier prix: 2 EUR pour une place debout au balcon. Je paye ma place de ce soir 9 EUR, en loge, au deuxième rang). On y va seul, entre amis, avec son homme. Il y aun quota de place pour les enfants, qui bénéficient d'un tarif très réduit, et même de représentations rien que pour leurs yeux.

Ce soir donc pour votre Strudel ce sera Lohengrin. Tombée sous le charme de Wagner lors des Maîtres Chanteurs de Nüremberg (drôle à pleurer de rire, avec une musique comme un enchantement), j'ai pleuré toutes les larmes de mon corps quand Wotan bannit la Walkyrie (cruel, le Dieu des Dieux), me suis indignée devant les robes à la Diana Ross portées par les nymphes de l'Or du Rhin (foutus metteurs en scène adeptes de modernité qui se contentent de massacrer les plus belles oeuvres du répertoire), mais reste encore et toujours une fervente admiratrice de Wagner. Je découvre ce soir Lohengrin, qui n'est pas le doux nom d'une frêle jeune fille portant des bocles blondes, non: Lohengrin est un homme. Un chevalier, fils de Parcifal. L'histoire est romantique à souhait (je recommande l'excellent site Wikipedia et le non moins fort intéressant des rosicruciens pour découvrir l'histoire de Lohengrin, inspirée des légendes arthuriennes):

http://www.rosicrucian.com/foreign/mgo/mgofre19.htm

dont j'ai repris l'excellent résumé tci-dessous:

 Le comte Telramund régit le duché pour le duc Gottfried, qui est mineur, et frère d'Elsa. Gottfried a mystérieusement disparu, et, incité par son épouse, Ortrud, Telramund accuse Elsa de son meurtre, et réclame le duché par la même occasion.

 

Elsa se sachant innocente, se déclare prête à se soumettre au jugement divin à travers l'épreuve du combat. Elle choisit pour champion un chevalier qu'elle a vu dans ses rêves. Un navire apparaît sur le fleuve, tiré par un cygne, à l'intérieur duquel se trouve un chevalier à l'armure étincelante. Il demande à Elsa si elle le veut pour champion. Il ne pose qu'une condition : elle ne devra jamais lui demander qui il est ni d'où il vient

Telramund est vaincu. Le vainqueur le laisse en vie, puis prenant Elsa par la main, déclare son innocence et la demande en mariage.

 Alors que le Roi, Lohengrin, Elsa et leur suite se préparent à entrer dans l'église, Ortrud accuse Lohengrin d'être un magicien, dont Elsa elle-même ne connaît pas le nom. Telramund clâme qu'il a été vaincu frauduleusement, ne sachant pas le nom de son opposant. Lohengrin refuse de révéler son identité : selon lui, seule Elsa a le droit de connaître ses origines. Elsa l'assure de sa confiance.

 Elsa et Lohengrin se déclarent leur amour mutuellement, mais sa conversation avec Ortrud induit Elsa à poser la question fatale. Telramund se précipite pour attaquer le chevalier, mais il est tué par Lohengrin.

 Lohengrin dévoile son identité au Roi et à Elsa. Il est chevalier du Saint Graal, et fils du Roi Perceval. L'heure de son retour a sonné, il n'a attendu que pour prouver l'innocence d'Elsa.

 

Une colombe descend des cieux, et, prenant la place du cygne, ramène Lohengrin au château du Saint Graal.

Je n'ai pas encore vu Parsifal, mais il sera joué au printemps, je vous raconterai ca! Par contre je voudrais bien savoir pouruqoi WEagner sépare ainsi Elsa et Lohengrin `ala fin: ils sont mariés, le mal est vincu, pourquoi retourne-t-il au royaume du Graal, mmm?

Par Princesse Strudel - Publié dans : Cinéma, opéras, comédies musicales
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Vendredi 8 septembre 2006 5 08 /09 /2006 10:52
C'est un complot, je suis sûre que c'est un complot.
Ce n'est pas possible autrement.
Lohengrin donc.
Si vous avez lu le billet d'hier (bien sûr que vous l'avez lu, hein) Lohengrin est une histoire romantique et émouvante de chevalier et de princesse, avec un cygne et un château, un combat pour la vie et l'amour d'Elsa...
 
Introduction légère comme un souffle de vent.  C'est poétique, romantique, doux, tendre. On sent que la musique monte et s'élève, on croirait voir la naissance d'un matin d'été. Ceux qui pensent que Wagner n'et qu'un tonitruant ramassis de cuivres et de tambours devraient écouter d'urgence cet air si parfait et si pur. Lentement on monte en puissance, puis ca s'apaise, puis ca revient... Cette fluctuation des sons crée une tension, on veut que le rideau se lève, on veut que cela commence enfin.
 
Lever de rideau sur des rangées de bonhommes vêtus de noir. Pantalon noir, chemise noire, ou T-shirt noir sortant du pantalon, catogans, cheveux longs... Les femmes sont en noir elles aussi, collant noirs, robes noires, pantalons noirs. Oh m..., ils nous refont le coup de Nabuccho il y a cinq ans, et de ce soi-disant choeur des esclaves vêtus de blouses de nylon comme les ouvriers à la chaîne (je sais, ils voulaient symboliser l'esclavagisme moderne des travailleurs-travailleuses le grand capital vous spolie. On devrait interdire aux communistes de toucher à la culture).
Le choeur est assis sur des tabourets pliants. En plastique noir. Le metteur en scène est en deuil, peut-être? En deuil de bon goût, sûrement. Ce garcon-là devrait être condamné à regarder son propre opéra chaque soir de la semaine pendant 52 semaines. Ca lui ferait les pieds.
 
Horreur, malheur, ils nous refont vraiment le coup du Nabuccho: voilà que le roi Henri et le conte Friedrich sont en costume-cravate. Bon, cette fois au moins ils nous ont épargné les bretelles rouges (Nabuccho dans l'opéra éponyme), la bouteille d'eau minérale descendue au goulot après une aria (idem)... Ah, voilà Elsa. Vêtue d'une robe "civile" elle aussi. Avec une canne blanche. Oui oui. Elle tâtonne, tend les bras, tourne la tête dans tous les sens, regarde à gauche quand Henri chante à sa droite, bougeant de facon saccadée comme un pantin atteint de Parkinson. La chanteuse est voyante, mais Elsa, non. Le metteur en scène a dû vouloir symboliser, dans un élan de pseudo-créativité, l'aveuglement de celui qui n'est pas encore Initié. (ta ra ta ta, pour avoir fait une mise en scène aussi nulle il ne peut pas penser aussi loin. Il a juste dû pensr qu'après le nain de Parcifal il lui fallait un nouveau handicap pour sacrifier au politiquement correct du modernisme. Sauf qu'à ce compte-là il aurait dû prendre une cantatrice vraiment aveugle. Autant aller jusqu'au bout de ses idées).
Ces gesticulations grotesques m'ont d'autant plus agacée que j'ai eu, en première, un professeur aveugle: il allait de facon normale, sans faire de grandes grimaces ou de simagrées, il tournait la tête vers vous quand vous luis parliez, ne bougeait pas les bras comme un pantin de bois mal manipulé. Il était digne, élégant, sans rien de ridicule.
 
Le décor me ferait pleurer de rire si je n'étais pas si en colère: des Clippos géants (vous savez, ces cubes et carrés de plastique multicolores, dotés de petits piquants de caoutchouc permettant de les emboiter les uns aux autres, j'adorais jouer avec quand j'étais gamine) perchés sur des piques (le metteur en scène doit être un nostalgique de 1789, c'est sa facon à lui de trimballer des têtes d'aristocrates au bout d'une pique). Le tout noir, bien sûr.
Il y a un camion en plastique jaune fluo sur la scène. Gros comme un gros chien. Il restera planté là jusqu'au troisième acte, sans qu'on ne comprenne bien pourquoi. Lohengrin est censé arriver sur un cygne, pas sur un camion benne. Passons.
 
Soudain le choeur s'ébahit "un cygne, un cygne". Ils regardent tous vers le public (sauf Elsa, qui tournicote de la tête comme une toupie folle et fait de grandes grimaces), bien sûr on ne voit aucun cygne arriver, hein (quoi que, dans Aida, ils ont utilisé un vrai éléphant, alors...). Lohengrin lui arrivera par l'arrière de la scène. Autant pour la crédibilité du truc. Ils ergardent tous vers un cygne censé arriver devant eux, mais le mec monté sur le cygne est derrière...
 
L'interprète de Lohengrin ressemble furieusement à celui qui a joué Siegfried dans l'opéra éponyme. Il est haut et large comme une tour (je devrais arrêter de me représenter les héros wagnériens comme de jeunes gens romantiques, moi) et doté (oups) d'une chevelure blanche lui arrivant aux épaules (re-oups) soigneusement applatie vers l'arrière à grand renfort de gel (re-re-oups). Lui aussi est en costard, hein? Un chevalier du graal ne saurait être vêtu autrement que d'un veston et d'un pantalon à pinces. Ceux qui pensent hauts-de-chausses, armures et autres cottes de maille sexys (aaaaah, Brad dans "Troie"...) ont tout faux.
 
L'avantage de ce genre de mise en scène "moderne" et désastreusement politiquement correcte est que vous ne regrettez plus d'avoir payé neuf euro pour une place avec une vue limitée. Autant c'est rageant pour un ballet ou pour une pièce à la mise en scène féérique ou particulièrement réussie (je pense ici à Cosi, même si l'opéra lui-même ne fait pas partie de mes favoris), autant, pour ce genre de catastrophes, il est aussi bien de pouvoir se caler au fond de son fauteuil et de se concentrer sur les voix, la musique et le texte.
 
Deuxième acte, une cabanette en mousse de caoutchouc jaune fluo occupe le centre de la scène. Mouais... Pour le bon goût on repassera. A côté du camion benne en platique assorti, un cygne visiblement sorti de la même usine (vous croyez qu'ils ont eu un prix de gros?).
 
Troisième acte. C'est l'arrivée du scène du tampax volant. Je suis consternée. Un zeppelin, toujours en plastique jaune fluo, est accroché au plafond de la scène, espèce d'hybride entre un tampax et un cigare de farces et attrapes que même Fidel Castro ne voudrait pas fumer.
Attendez, ce n'est pas tout: voilà Diana Ross!!!
Ah non, ce n'est pas elle. Pourtant, à voir ces silhouettes vêtues de tenues blanches où pendouillent des piques de plastique blanc en guise de plumage de volatile, on jurerait des échappées des années 60. Là, ils nous recyclent les tenues discos des nymphes de l'Or du Rhin. Serait-on à court de fonds, à l'opéra de Vienne?
Je m'étranglerais en voyant que, couronnant ces silhouettes hautement ridicules, il y a ... des têtes d'oiseaux! Ah, là ils nous refont le coup de la Flûte Enchantée, où des têtes de lions, girafes et éléphants sur des chemises de nuits blanches galopaient en sarabande autour de Papageno et Papagena.
Donc un cortège nuptial fait de toucans, de chouettes, de grands-ducs et autres corbacs. Je me surprends à regretter que la grippe aviaire n'ait pas fait plus de ravages au nord du Neusiedlersee.
J'en suis tellement troublée dans ma conception du bon goût que j'en manque presque le début du choeur nuptial. Presque... Car le chant sublime qui s'élève alors me pousse à fermer les yeux pour mieux m'en imprégner. Je lis ausi les paroles qui défilent sur mon tout petit écran, tellement plus belles et poétiques que la stupide ritournelle "here comme the bride" infligée par les mariages des feuilletons américains. C'est décidé, quand j'entrerai dans l'église pour mon mariage (je sais, je sais, c'est pas pour demain), ce sera au son de cette marche, avec le paroles chantées en allemand. C'est beau à pleurer.
 
Et puis Elsa et Lohengrin se retrouvent seuls. Et Elsa, Elsa curieuse et imbue d'elle-même, qui se met en devoir de poser à Lohengrin la question interdite. Lohengrin qui tente de la mettre en garde contre les conséquences, Elsa la présomptueuse qui insiste, le bonheur qui se fracasse. Devant le roi et toute la cour réunie (et le cadavre de Friedrich, assis sur une chaise et cagoulé de noir comme un pendu, ce qui est vraiment de mauvais goût) Lohengrin raconte un endroit où se trouve le Graal. Là de nouveau c'est si beau et poétique qu'au coin de l'oeil renaît cette larme qui avait déjà tellement envie de rouler pendant le choeur nuptial. Que j'ai envie à l'instant de rejoindre Lohengrin. :+) Et quand le chevalier lance son nom sous les lustres de l'opéra (non hélas, sous les ailerons du tampax géant), j'ai des frissons dans tout le dos.
Pendant ce temps, le choeur fait circuler, à bout de bras au-dessus de la tête, les maillons géants d'une chaîne jaune fluo (encore...). La chaîne serpente, voulant sans doute symboliser le sortilège qui se dénoue, ce sortilège qui avait emprisonnée Gottfried, frère d'Elsa, dans le corps du cygne. C'est d'un ridicule achevé. C'est navrant, c'est grotesque. Pendant ce temps descendent du tampax géant de grosses bulles noires, déjà vues au premier acte. Cri d'horreur d'Ortrude alors qu'une bulle s'éclaire pour montrer une silhouette de jeune garcon recroquevillée, grotesque simulacre de foetus géant: c'est Gottfried, porté disparu, en réalité transformé en cygne par Ortrude, ce cygne qui avait emmené Lohengrin vers Elsa. L'opéra s'achève sur le chant bouleversant de Lohengrin qui repart vers les siens, sur ce foetus géant pendu par un filin au ventre du tampax géant, sur le choeur vêtu de noir et les brochettes de Clippo. 
Par Princesse Strudel - Publié dans : Cinéma, opéras, comédies musicales
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Lundi 11 septembre 2006 1 11 /09 /2006 14:33

Bayreuth. Pas Bayrouth. Mamaman m'étranglerait si je lui annoncais que j'allais me trantoler au Liban. Je lui fait suffisamment de frayeurs avec mes vacances en solo en Gambie ou en Russie.

Bayreuth c'est en Allemagne. C'est l'endroit où Wagner a construit SON opéra, spécialement pour jouer SES pièces. Béni soit Louis II pour son mécénat.

Alors que je geignais ce matin auprès d'un copain à propos de la déplorable mise en scène de Lohengrin jeudi, le voilà qui me sort que lui aussi est un wagnérien convaincu. Et alors que je lui raconte que j'ai très envie de voir une pièce à Bayreuth il me dit qu'il a un copain qui a un copain qui...

Et que je n'ai qu'à choisir mes cartes. J'ai donc demandé un cycle complet du Ring. Réponse aux environs de mon anniversaire, si ce n'est pas un chouette cadeau... Je vais à Bayreuth, je vais à Bayreuth... Si vous voulez voir à quoi ca ressemble, c'est là...

www.bayreuther-festspiele.de

PS: Oui, bon, pas de quoi fouetter un chat, mais si je vous dis que d'ordinaire il peut y avoir jusqu'á cinq ans d'attente pour avoir une place à Bayreuth...

Par Princesse Strudel - Publié dans : Cinéma, opéras, comédies musicales
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Jeudi 5 octobre 2006 4 05 /10 /2006 16:33
A la demande de Fée Moqueuse je vais donc vous raconter une histoire de grenouille, pour changer des crapauds.
 
Ceci étant je pourrais très bien vous parler de crapauds aussi, puisque je suis allée voir Le Parfum avec Crapaud Mignon.
 
Le film s'ouvre sur une scène assez crue (laquelle crudité se retrouvera tout au long du film) de mise bas au marché au poisson suivie du placement de JBG à l'orphelinat. Je trouve la scène du nourrisson qui empoigne le doigt du gamin pour le porter à son nez assez angoissante, comme une ironie malsaine.
 
Il y a tout au long du film une certaine tension, reflet sans doute de celle devant animer JBG. Au passage, sous certains éclairages le JBG paraît presque beau garcon. Sous d'autres, non. Je ne sais plus où j'ai lu que "le meurtrier paraît presque sympathique": mouais, et moi je suis un Strudel aux poires.
Je trouve Dustin Hoffman plutôt grotesque avec son visage mal grimée et sa perruque à bon marché. Les seconds rôles sont plutôt insignifiants, mais la dernière demoiselle à succomber au crapaud - je veux dire à Monsieur Grenouille - est d'une surprenante beauté. A mon goût. Le poupelet jouant le rôle du Marquis de Montesquieu est trop efféminé à mon goût.
 
Le film dans l'ensemble est bien réussi: un éclairage bien dosé et approprié à l'ambiance, un narrateur omniscient à la voix grave et prenante (bon, c'était la version allemande, je ne sais pas ce dont vous écoperez, les francophones, anglophones et autres voyageurs au long cours), des scènes filmées avec une crudité qui renvoie bien à l'atmosphère tendue et à la ... zut, en allemand on dirait qu'il est "gierig"... à l'avidité (?) de JBG. A la fin de sa chasse j'ai une furieuse envie de le sentir, ce parfum si particulier, moi. :+)
 
J'ai décroché au moment où Grenouille brandit son flacon depuis l'échafaud, délenchant une gigantesque partouze. Là décidément, l'archevêque entreprenant de trousser sa voisine de tribune tandis que la nonnette se fait lutiner par une brute en goguette m'a scandalisée (je me demande si Berlin va censurer... après le "scandale" Idomeno, on pourrait s'y attendre, hein?). Quant aux scènes qui ont suivi, bon... j'ai eu une impression de fin un peu rapide, un peu bâclée. Je pense qu'il y a un symbolisme qui m'a échappé. Ca arrive, les symbolismes sont parfois un peu timides.
 
Quant à vous dire si c'est fidèle au bouquin... J'avais douze ans quand j'ai lu et j'ai à peu près tout oublié. Crapaud Mignon, qui a lu le roman plusieurs fois, était plutôt satisfait de l'adaptation.
 
Voilà pour le récit, ma Fée Moqueuse. Pour le côté crapaud je dirais - puisque le cher CM arborait hier soir un jean plus ajusté et - surprise agréable - un blazer que ses cuisses ne sont pas si fines que je le supputais, mais semblent bien galbées et musclées. Les fesses sont petites, rondes, et, comme on dit en allemand, "knackig". (croustillant?).
Par Princesse Strudel - Publié dans : Cinéma, opéras, comédies musicales
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Mardi 28 novembre 2006 2 28 /11 /2006 13:20
Si le héros ne s'appelait pas James Bond, je n'aurais pas fait le rapprochement.
Casino Royale, avec le nouveau JB Daniel Craig, est un excellent film d'action, que j'ai adoré, mais n'a rien à voir avec les précédents opus de 007.
Merci à l'Insupportable de m'avoir expliqué qu'il s'agit là du premier James Bond, car je ne comprenais pas pourquoi le film débutait sans que le monsieur n'ait son titre de 007. Il faut toujours avoir un Insupportable dans sa vie, ca rend d'inestimable service.
 
Pour paraphraser la pub de Tourtel je vous dirais "ca a le nom de James Bond, ca a l'aspect de James Bond, mais ce n'est pas James Bond". Daniel Craig n'a pas le physique canon de Pierce Brosnan (aaaaaaaaaah, Pierce), ni la prestance de Sean Connery (aaaaaaaaaah, Sean). On le prendrait presque pour le méchant, il fait très agent des services secrets soviétiques dans SAS Malko Linge. Il a une gueule, il a les traits taillés à la serpe, bref, il ressemble à un mec, pas à un minet ni à un éphèbe. Il a un c... divin, un torse à s'y blottir le soir... Et il porte très bien le smoking. Trés, très bien. Bon, qu'il appelle ca une "dinner jacket", ca me choque, car pour moi la dinner jacket, c'est blanc (c'est ce que portait le Commandeur au Life Ball) et la veste de Monsieur Bond au casino est noire. Je vais envoyer à Daniel Craig un petit Elmayer dédicacé, qu'il apprenne la différence entre cut, smoking, frac et dinner jacket.
 
Que l'action du premier James Bond (censée donc se dérouler il y a une petite éternité) se déroule au Montenegro m'a surprise, car le Montenegro après tout, c'est plutôt récent, non? Le film n'aurait-il pas dû se dérouler en Yougoslavie? En tout cas les paysages sont superbes.

Eva Green m'a décue. Je ne la trouve pas crédible dans le rôle de la James Bond girl. Son visage est beaucoup trop juvénile, elle ne fait pas femme, ce qui me semble encore plus frappant aux côtés de Daniel Craig extrêmement masculin. Son maquillage la vieillit mal, en lui durcissant les traits, on dirait une poupée de mauvaise qualité. Enfin, je trouve qu'elle manque d'allure et d'assurance en robe du soir. L'Insuportable qui lui a vu le film "uniquement pour elle, c'est un joyau, elle est sublime" me taxera sans doute de jalousie féminine. Tant pis. J'aurais mieux vu une Adjani dans le rôle de vamp manipulatrice, une nana plus femme. Et si vraiment il faut taper dans les jeunettes, alors la sculpturale Scarlett Johannson?

Pas de gadgets à tout va, pas de voitures tape-à-l'oeil dans ce film relativement sobre (du coup la scème du défibrillateur est un peu surprenante), mais de l'action, beaucoup d'action, un bon rythme, bref, une interprétation nouvelle d'un personnage portant déjà vu et revu. J'ai beaucoup aimé, et je recommande sans hésiter.

Par Princesse Strudel - Publié dans : Cinéma, opéras, comédies musicales
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Jeudi 21 décembre 2006 4 21 /12 /2006 10:05
 Il y a des moments parfaits.

 

Comme hier soir au Volksoper.

 

 

Le moment parfait était la scène de la prière du soir dans « Hansel et Gretel »

 

 

Beau décor, simple, sobre et réaliste.

 

Deux silhouettes juvéniles agenouillées, les yeux fermés, chantant leur prière du soir aux anges pour qu’ils viennent veiller sur leur sommeil d’enfants égarés dans la forêt.

 

Un sentiment de paix et de sérénité devant la confiance d’Hansel et Gretel qui s’étendent sur un tapis de mousse tandis que se déploie une musique digne des plus beaux morceaux de Wagner.

 

La procession des anges, juvéniles, espiègles dans leur silence, entourant les enfants endormis.

 

Et un Strudel en larmes devant la beauté sereine d’une scène si parfaitement ciselée qu’elle devient un bijou.

Par Princesse Strudel - Publié dans : Cinéma, opéras, comédies musicales
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