Et je repique au jeu.
Depuis que j’ai fermé mon blog „la vie viennoise“ j’enchaîne les frustrations car, à chaque fois que je m’ébaudis, m’émerveille, m’indigne,m’ébahis, je pense „tiens je vais le raconter sur mon blog“. Et puis... ah non, je n’ai plus de blog.
A force de „zut, c’est vrai que...“, voilà... L’aventure bloguesque est repartie.
Ouvrons le bal, puisque tel est le cas, avec le Bal du Nouvel An à l’Hôtel de Ville.
Rentrée de France la veille, le coeur lourd mais le pied léger, je rejoins à 17:30 le comité d’ouverture dans les salons de la mairie. Dans les vestiaires ca bavarde ferme. Cendrillon d’un nouveau siècle nous ôtons jeans et bottes alourdies de neige sale pour enfiler nos belles robes et nos gants blancs: c’est parti pour la Générale.
Piste de danse minuscule eu égards aux nombreuses tables dressées pour le diner du soir. Le premier mouvement est une catstrophe, nous avons oublié une bonne moitié des figures depuis la dernière repetition. Mathias en mangerait presque son micro d’énervement.
De faux pas en perte de rythme nous finissons par boucler la chorégraphie. Il est 19:00, nous devons disparaître en coulisses, les dîneurs arrivent bientôt.
Tandis que les tourists se bâffrent dans la salle d’honneur, nous autres Débutants faisont bombance dans un salon à l’écart. Buffet chaud et boissons à volonté, les organisateurs ont très bien fait les choses.
Il aurait été par contre judicieux de ne pas nous proposer en guise de diner spaghettis bolognaises et escalopes au jus, redoutables pour la blancheur de nos robes, ou des chemises de nos caavliers. Nous nous emballons donc dans nos gilets, châles ou blousons, certaines demoiselles ré-endossent leur tenue de ville.
J’ai pour voisins de table mon cavalier, un lycéen répondant à l’amusant prénom de Donald, et le fils de la Directrice de l’École de Danse, bavard impenitent.
Il est 21:30, Mathias vient enfiler son frac et battre le rappel de ses troupes. En rang!
Nous nous faufilons à la queue leu leu jusqu’à l’entrée de la salle de bal. Les touristes nous dévisagent en échangeant de grandes exclamations, flatteuses certes, mais je me sens une curieuse parenté avec les pingouins du zoo de Schönbrunn, soudainement.
Polonaise. Chaque fois que j’entends les premières notes de cet air de Chopin, qui a rythmé chacune de mes entrées de Débutante (sauf au Concordia), je me mets à marcher au pas. Pavlovien. Dos droit, tête relevée, ne pas coincer un talon dans les grilles d’aération qui courent au bord du parquet, gagner sa place, aligner les rangs.
Grande reverence à nos cavaliers.
Alignement des rang dans la position d’ouverture.
Polka.
Re-grande révérence.
Discours.
Valse.
„Alles Walzer“. Les tourists ne comprennent pas ce traditionnel appel aux danseurs, le Comité d’Ouverture reste seul sur la piste. Le speaker leur expliquera obligeamment que “Alles walzer” signifie que tout le monde peut venir danser.
Valse, jive, valse, jive… Le chaos règne sur la piste. Les couples vont et viennent dans toutes les directions, la danse relève du slalom de competition. Bientôt minuit: nous nous hâtons vers la terrasse.
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