La Saison (Bals viennois)

Jeudi 5 janvier 2006 4 05 /01 /2006 15:40

Et je repique au jeu.

Depuis que j’ai fermé mon blog „la vie viennoise“ j’enchaîne les frustrations car, à chaque fois que je m’ébaudis, m’émerveille, m’indigne,m’ébahis, je pense „tiens je vais le raconter sur mon blog“. Et puis... ah non, je n’ai plus de blog.

A force de „zut, c’est vrai que...“, voilà... L’aventure bloguesque est repartie.

Ouvrons le bal, puisque tel est le cas, avec le Bal du Nouvel An à l’Hôtel de Ville.

 

Rentrée de France la veille, le coeur lourd mais le pied léger, je rejoins à 17:30 le comité d’ouverture dans les salons de la mairie. Dans les vestiaires ca bavarde ferme. Cendrillon d’un nouveau siècle nous ôtons jeans et bottes alourdies de neige sale pour enfiler nos belles robes et nos gants blancs: c’est parti pour la Générale.

 

Piste de danse minuscule eu égards aux nombreuses tables dressées pour le diner du soir. Le premier mouvement est une catstrophe, nous avons oublié une bonne moitié des figures depuis la dernière repetition. Mathias en mangerait presque son micro d’énervement.

 

De faux pas en perte de rythme nous finissons par boucler la chorégraphie. Il est 19:00, nous devons disparaître en coulisses, les dîneurs arrivent bientôt. 

 

Tandis que les tourists se bâffrent dans la salle d’honneur, nous autres Débutants faisont bombance dans un salon à l’écart. Buffet chaud et boissons à volonté, les organisateurs ont très bien fait les choses.

Il aurait été par contre judicieux de ne pas nous proposer en guise de diner spaghettis bolognaises et escalopes au jus, redoutables pour la blancheur de nos robes, ou des chemises de nos caavliers. Nous nous emballons donc dans nos gilets, châles ou blousons, certaines demoiselles ré-endossent leur tenue de ville.

 

J’ai pour voisins de table mon cavalier, un lycéen répondant à l’amusant prénom de Donald, et le fils de la Directrice de l’École de Danse, bavard impenitent.

 

 

 Il est 21:30, Mathias vient enfiler son frac et battre le rappel de ses troupes. En rang!

 

 Nous nous faufilons à la queue leu leu jusqu’à l’entrée de la salle de bal. Les touristes nous dévisagent en échangeant de grandes exclamations, flatteuses certes, mais je me sens une curieuse parenté avec les pingouins du zoo de Schönbrunn, soudainement.

Polonaise. Chaque fois que j’entends les premières notes de cet air de Chopin, qui a rythmé chacune de mes entrées de Débutante (sauf au Concordia), je me mets à marcher au pas. Pavlovien. Dos droit, tête relevée, ne pas coincer un talon dans les grilles d’aération qui courent au bord du parquet, gagner sa place, aligner les rangs.

Grande reverence à nos cavaliers.

Alignement des rang dans la position d’ouverture.

Polka.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Re-grande révérence.  

 

Discours.  

 

Valse.

 

 „Alles Walzer“. Les tourists ne comprennent pas ce traditionnel appel aux danseurs, le Comité d’Ouverture reste seul sur la piste. Le speaker leur expliquera obligeamment que “Alles walzer” signifie que tout le monde peut venir danser.

 

Valse, jive, valse, jive… Le chaos règne sur la piste. Les couples vont et viennent dans toutes les directions, la danse relève du slalom de competition. Bientôt minuit: nous nous hâtons vers la terrasse. Champagne , feux d’artifices, compte à rebours.

Vienne embrasée, les couleurs éclatent sur la coupole de la Hofburg et sur les facades illumines. La foule à nos pieds, sur la place de l’Hôtel de Ville, tourbillonne sur les notes du “Beau Danube Bleu”. 2006 vient de naître.  

Par Jeune Fille Viennoise - Publié dans : La Saison (Bals viennois)
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Mardi 10 janvier 2006 2 10 /01 /2006 10:23

TC pour Techniker Cercle.

 


Autrement dit le bal de l’industrie et de la technique. Pour les non-Viennois, je dirais simplement que ce bal est l’équivalent, en matière de prestige et de charme, de l’Opernball. A ceci pres que l’Opernball est pour “les m’as-tu vu, les touristes”; le TC, c’est “entre nous”.

 

D’ailleurs, s'il suffit pour entrer a l’Opernball de se delester d'une somme assez consequente, le TC lui est en “geschlossene Gesellchaft”. Traduire:  “société privée” et à guichet fermé.

Il faut donc être du serail. Membre du TC, fils ou fille de membre du TC, ou bien … Débutante.

C’est l’option que j’ai choisi, et avec moi Pimprenelle et le Moineau.

 

A ce bal on s’inscrit seul(e): les couple seront établis par le Ballbüro, par âge et taille.


Le hasard peut bien faire les choses: j’ai pour cavalier Franz, avec qui je m’amuse énormément. 

 


Après les cocktails et sorties diverses des mois de novembre et décembre nous passons hier aux choses sérieuses: la première repetition. Nous ouvrirons le bal avec un quadrille. 

 

Chaque Viennois bien né est censé connaître son quadrille aussi bien que son catéchisme, surtout s’il a passé ses 20 ans et a plusieurs bals derrière lui.

 

Ce n’est pas le cas.

 

Je me suis prodigieusement amusée hier, ayant pour vis à vis un couple ne connaissant pas du tout son quadrille avec qui il fallait communiquer par gestes pour les faire suivre, pour couple à gauche Pimprenelle et son cavalier, à ma droite le très charmant Georg, en diagonale droite Wolfgang et ses mimiques charmeuses, en diagonale inverse (très important lors des changements de place) un Viennois pince sans rire qui me jetait plein de regards amusants. Pimprenelle a joyeusement suivi le mouvement. Quant au Moineau, entre son cavalier qui boudait et ses voisins qui n’y connaissait rien, elle n’a pas eu une repetition folichonne.

 

Fin de la répétition, place au cocktail dans les locaux de l’Université technologique. C’est le moment de papoter, faire connaissance, trouver des danseurs pour les prochains bals. Canapés, beignets, sekt et jus d’orange, le comité d’organisation a bien fait les choses.

 

La soirée se poursuit au Nelson, un bar voisin. Vers une heure je prends congé, ce qui dure une bonne demi-heure, entre les gens dont l’on fait connaissance (vous dites au revoir à quelqu’un et son voisin en profite pour se presenter à vous et parler cinq minutes, c’est très sympa) et ceux avec qui on échange encore quelques mots.

 

Prochaine répétition du TC samedi, d’ici là il y a celle du Blumenball, demain soir, pour le bal qui se tient vendredi. Double repetition dimanche (Jägerball puis TC), repetition du TC le 20 puis bal des officiers, bal du TC le 21, bal des médecins le 28, bal des chasseurs le 30, bal des ingénieurs agronomes le 3, IAEA bal le 4, WW Bal le 11, Kaffeesieder le 17Juristenball le 25, Rudolfina Redoute le 27, et ensuite… on pourra enfin songer à dormir. :+) Si on compte avec toutes les auditions et repetitions, je passerai environ 5 soirs par semaine à danser.

 

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Vendredi 20 janvier 2006 5 20 /01 /2006 16:13

Vu de l'autre côté (c'est-à-dire, côté novembre 2005) la Saison (bien que commencée depuis le 11 novembre, mais j'entends par Saison les Grands Bals, avec un très grand B) semblait tellement loin...

Et voilà que je réalise en bavardant avec ma collègue que mon TRÈS grand Bal, LE Bal de la Saison, où je suis Débutante (bon, pas qu'à celui là, mais lep lus tra la la), notre bal à nous les trois Francaises, c'est demain.

Ce bal que nous évoquons depuis octobre (mois des inscriptions) avec des soupirs d'impatience, dont nous avons fréquentés tous les cocktails, toutes les rencontres, toutes les répétitions, ce bal dont nous parlons avec des trémolos dans la voix depuis des semaines...

Oh flûte, que ca passe vite.

Demain à cette heure-ci Pimprenelle lacera mon corset, tandis que le Moineau torturera nos cheveux en exquis ararngements transformant n'importe quelle crinière serpillère en artistique sculpture.

Demain nous superposerons fond de teint et poudres pour camoufler d'éventuelles rougeurs discourtoises, nous ombrerons nos yeux de plus de fard que de coutume pour "passer les feux de la rampe", nous brieferons les copains assistant au spectacle pour qu'ils se placent de facon à pouvoir nous photographier et nous filmer pendant l'Ouverture.

Nous mangerons des pâtes pour ne pas défaillir, le ventre trop serré par le trac et l'impatience pour vraiment nous régaler (sauf Moineau, qui est redoutable au mangeage de pâtes).

Nous traverserons la ville à pied pour nous rendre au Musikverein, où a lieu le Concert du Nouvel An, et descendrons dans la Salle de Marbre pour un cocktail privé.

Ensuite, comme les mariées, on nous gardera au chaud dans une pièce spéciale, à l'abri des regards, pour réserver aux visiteurs la surprise la plus complète.

Puis on nous fera gravir les marches, encore, encore plus haut, jusqu'à la salle de gala.

La Polonaise de Chopin lancera ses premières notes, nous nous mettrons à avancer dans un réflexe devenu Pavlovien. Révérence, quadrille, grande révérence, première valse...  Et déjà cette Ouverture si réputée sera terminée, et il ne nous restera plus que quelques heures pour profiter du bal, jusqu'au petit matin, où l'Impérial nous accueillera pour le petit déjeuner.

Et nous renterons nous coucher, Cendrillons solitaires, en ayant envie de demander au grand Chef d'Orchestre, là haut... "Dis, on ne pourrait pas rembobiner un peu le temps? Juste un peu? S'il te plaît... Pour ne pas éteindre la magie tout de suite".

Ô cruauté du temps qui passe..

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Mardi 24 janvier 2006 2 24 /01 /2006 09:47

Hier a eu lieu la première répétition de la cérémonie d'ouverture du Bal des Médecins de samedi prochain.

Sous la houlette d'un ancien Maître de Ballet ayant fait travailler le prestigieux corps de ballet du Staatsoper (opéra national).

Petit rat occasionnel dans mes tendres années je me réjouissais de me retremper ainsi dans l'atmosphère "tutu-esque" de mon enfance.

Je ne m'attendais certes pas à me bidonner jusqu'à en avoir des crampes au ventre.

Arrivée au Palais impérial de la Hofburg où j'entre décidément comme dans un moulin, personne ne me demandant où je vais ni ce que je compte faire là.

Mon cavalier, Philipp, est déjà là, de même que mon cavalier du futur Bal des Juristes, Josef, dit "Foggy" (les Autrichiens et les surnoms, je vous jure...). C'est le joyeux bordel dans la salle, nous commencons la répétition commence avec retard. Premier travail du comité d'ouverture: former les rangs. Cet exercice ne requiert a priori de ceux qui s'y prêtent de posséder un quelconque doctorat de physique des particules, ou de mécanique appliquée.

Vu le temps que nous y passons pourtant, l'on est autorisé à se poser des questions quant à...

          *la complexité de la chose

          *notre manque collectif d'intelligence pratique

Pour beaucoup de cérémonie, la formation des rangs commence par une bataille rangée, menée à coups de coudes, de pieds, de talons sur les orteils et de coups dans les tibias. L'enjeu: le premier rang. Ah, mener le cortège pour entrer dans la salle de bal... Je l'ai fait une fois, c'est grisant.

Hier, c'était moins la cohue. Je voulais être au premier rang, Philipp tenait à rester près de "Foggy" et de la charmante... Zut, était-ce Eva ou Sandra? Tout les chevaux du roi ne suffisant pas à contrer la force d'inertie de l'homme entêté, nous sommes au quatrième rang, et Foggy et à ma droite. Les messieurs en frac et leur cavalière respective forment les premiers rangs, les messieurs en smoking et leurs danseuses sont en queue de peloton.

Quand sonnent les premières notes du menuet Philipp commence à râler vigoureusement: il ne dansera pas le menuet. Il faut dire que c'est l'anniversaire de Wolfie, cette année (Wolfgang Amadeus Mozart, pour les non intimes), et que le menuet est très à la mode au bal. Philipp peut être content de ne pas devoir s'affubler de bas blancs et de culottes bouffantes comme ont du le faire les messieurs de la Formation de Valse lors du Bal des Fleurs. Moi j'aurais bien troqué ma robe de Débutante contre une grande robe à paniers, mais bon... Tant pis, j'aurai un diadème pour le Bal des Juristes.

Sur la scène quelques couples commencent à nous montrer les pas du menuet, et à peine avions-nous cessé de pouffer comme des oisons oiseux que le Maître de Ballet commencait à compter... "One. Tou. Trui". Oui oui, comme ca, en anglais avec l'accent autrichien. Sans avoir auparavant expliqué les pas ni décomposé les figures. Je veux mon Thomas... (NdlR: Thomas Schäfer-Elmayer dirige l'école de danse la plus célèbre du pays et est, avec son collègue Herr Direktor Peschke, mon maître de danse favori chéri et bien aimé).

Premier compliment. La musique s'arrête aussitôt. Recommencez! Il ne faut pas se tenir la main comme dans toute révérence, il n'y a pas de Handkuss (ô rage, ô désespoir), les messieurs doivent élégamment arrondir le bras droit et tenir le gauche derrière le dos.

Musique. Compliment. Premier mouvement. Oui, mais... c'est lequel déjà?

Nous parvenons tant bien que mal à la fin du premier mouvement et devons entamer le second, sans avoir la moindre fichue idée de comment il se danse puisque nous n'avons rien décomposé.

Sur la scène on nous remontre. C'es parti. Ca ne va pas: les rangs sont censés se faire face. Le Maître de Ballet s'apercoit qu'il a omis un élément essentiel: les rangs impairs doivent effectuer un changement de place après le premier compliment, tandis que les rangs paire patientent.

On recommence. On s'arrête: les dames doivent tenir quelque chose dans la main droite. Parce que "on va bien vous refiler une fleurette pour la cérémonie".

Pouffements, ricanages, moqueries. C'est le bordel, Philipp râle, je me marre.

Vient le cercle des dames.

Vient le cercle des hommes et je me dis que les messieurs ne devraient pas être autorisés à danser le menuet. Car nos malheureux cavaliers sont d'un ridicule achevés tandis qu'ils essaient de danser la ronde, se tenant virilement par les poignets quand nous les dames nous tenont par la main, croisant et décroisant les pieds avec une impulsion légère sur le premier pas vers la gauche. Eva (Sandra?) me fait remarquer que mon cavaleir sautille avec l'enthousiaste et l'agilité d'une sauterelle, tandis que le sien (et futur mien) rappelerait Dumbo dansant le ballet. La vision de nos messieurs bondissant nous tord de rire, méchantes filles que nous sommes.

Bref, le cercle d'hommes dansant le menuet devrait être interdit, pour épargner à nos chers danseurs des remarques ironisantes sur les dommages que cette figure pourraient causer à leur réputation de virilité.

 

 

Par Jeune Fille Viennoise - Publié dans : La Saison (Bals viennois)
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Mardi 14 février 2006 2 14 /02 /2006 09:41

Dans quelques jours le dernier grand bal de la Saison: le Kaffeesiederball, ou bal des cafetiers. 6800 cartes auraient été vendues, en trois semaines, d'après les organisateurs. Je précise que le SdH doute de la véracité de l'info concernant le nombre de cartes, car a priori cette année (et parce que l'Autriche est présidente de l'UE, encore la politique qui nous enquiquine) les Redoutensäle ne seront pas ouvertes: où caser 7000 personnes dans moins de salles, alors qu'en temps ordinaire on étoufef déjà sur la piste de danse?

Bref. Le Kaffeesiederball est le plus gros de la Saison, avec un très grand comité d'ouverture et une cérémonie interminable (chaque année il y a une fille ou deux pour tomber dans les pommes). 

Hier soir première répétition du Comité. J'ai fait les yeux doux à mon cher maître de danse en lui demandant si je pouvais "enfin"  avoir une place au premier rang (je rêve depuis trois ans de conduire le cortège entrant dans la grande salle de la Hofburg...). Il a souri, disant que pour lui c'était OK mais que s'il y avait des enfants de Kaffeesieder, ceux-ci avaient la priorité.

Fin de l'audition, le vieux monsieur Elmayer prononce les mots classiques "formez les rangs". Et devinez qui est au premier? Le Strudel et son SdH. Bon, du coup on a la pression; les colonnes s'alignent toutes sur le premier rang, il faut donc repérer pile-poil les places où se tenir (grosse gageure par exemple pour la grande révérence finale).  Et puis tout le monde copie sur vous en cas de trou de mémoire, mais vous vous n'avez personne sur qui copier. On remarquera impitoyablement vos faux-pas et vos glissades... Gare!

Mais vous savez quoi? C'est une impression inoubliable que de donner le rythme au cortège quand retentit la Polonaise, de conduire un cortège de près de 200 personnes sous les ors de la Hofburg... Ce soir seconde répétition, le SdH dûment chapitré doit arriver une demi-heure avant le début de la répétition, et votre Strudel va faire des pieds et des mains pour arriver en avance elle aussi: ce soir je mordrai le premier qui essaiera de me truander ma place! Non mais... :+)

 

Par Princesse Strudel - Publié dans : La Saison (Bals viennois)
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Jeudi 16 février 2006 4 16 /02 /2006 17:02

Et hop là.... figurez-vous que les parents du SdH viennent exprès pour le bal de demain. De France. (et aussi pour déménager leur fiston).

Et que le bal est ausverkauft (tout vendu!) depuis... plus d'un mois.

Et que le SdH a voulu acheter les cartes il y a ... une semaine.

On a tout magouillé: piqué des cartes de Débutants (opur des gens d'un certain âge, risqué).

Acheté deux cartes d'étudiants (même réflexion).

J'ai battu le rappel des contacts, appelé mon bureau de cartes, etc, le bureau du bal de demain. Partuot la même réponse: impossible.

Impossible n'est pas Strudel.

J'ai trouvé deux cartes à 170 EUR pièce, c'est à dire sans commission, au prix de vente original. Il est content le SdH.

Maintenant on essaie de vendre ses cartes étudiants. Si je suis pas une chouette copine...

Par Princesse Strudel - Publié dans : La Saison (Bals viennois)
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Vendredi 17 février 2006 5 17 /02 /2006 11:11

Allez, dans 6 heures je rentre dans le Saint des Saints. Vous savez quoi? Je n'arrive pas à me concentrer. je suis à peu près dans le même état que le jour du Philharmoniker l'an passé, ma première grande ouverture. Impossible de me concentrer, de bosser...  En plus le SdH m'envoie des SMS, Monsieur Cornichon fait pleuvoir des mails farfelus, je saute et je cours partout.

Bref.

16:45 dernier carat je quitte le bureau.

17:05 au plus tard je suis à la Hoburg avec ma valise (oui oui). J'ai tout prévu: de quoi me démaquiller/remaquiller, coiffer, parfumer, talquer, pimprenelliser. J'ai des cachets contre les douleurs, les ventres détraqués, une bande en cas d'entorse, des anti-histaminiques des fois que les fleurs m'agressent, une paire de collants au cas où je file ceux que je porte, des sous-vêtements de rechange au ca où je ne sais pas mais au cas où, paranos / compulsives comptez vous! J'ai même fait un veu hier soir pour qu'il n'y ait pas un tremblement de terre ou une situation d'urgence qui m'empêche de quitter l'hôtel en temps et heure.

Je stresse. Je n'arrive pas à bosser. Et je vous embrasse.

Par Princesse Strudel - Publié dans : La Saison (Bals viennois)
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Lundi 20 février 2006 1 20 /02 /2006 20:38

Un Strudel doit savoir gérer même les situations les plus tendues... enfin, en tout cas essaer. Grâce au soutien de ses scropinouches qui ont émis plein d'ondes positives depuis leur salle de scrap, leur salle de classe ou leur salle de bain...

Ouf! J'ai pu être au Palais Impérial "pile-poil" à 17:00. Thibault était à l'heure, Barbara était à l'heure, un détour par la garde-robe pour poser nos affaires et direction la salle principale pour la dernière répétition. Nous avons gardé notre place au premier rang, et j'ai enfin compris que si Thibault était si peu enthousiaste à l'idée d'être au premier rang c'est simplement qu'il avait un trac monstre.  Les hommes et leur habitude de cacher leurs sentiments...

Fin de la Générale, le vieux Monsieur Elmayer nous remercie et nous convie à regagner notre garde-robe. Nous recevons, comme l'an passé, un sac avec un pique-nique et une bouteille d'eau. Ca change de certains bals (le Philharmonique) où l'on nous parque dans le couloir sans un siège pour s'asseoir, déjà en frac et en robe blanche, avec la bénédiction indifférente du Ballbüro.

C'est le bazar dans la garde-robe. Il y a des Débutants partout, assis sur la moquette, en train de manger, de s'habiller, de se coiffer... L'unique grand miroir est squatté par une cohorte de demoiselles en jupons. Après le pique-nique c'est Alexandra la rousse qui s'occupe de mes cheveux. elle me prévient soigneusement qu'elle ne s'appelle pas Dessange, mais finit par réaliser un fort joli assemblage su lequel ma couronne se juche comme un oiseau sur son nid. Ca donne ca...

Ah zut, je ne trouve plus la photo. Bref, Alex a réussi un truc très simple et très mimi malgré ma longueur un peu juste et je suis bien contente. Quant à la brûlure sur mon front due au fer à friser, le fond de teint la camoufle fort bien. :+)

Maquillage, pose des lentilles de contact. Thibault se moque de moi car je me suis ramenée au bal avec...

N'empêche qu'il a été bien contente de pouvoir y mettre son pique-nique, ses sandwiches, les tasses piquées au café, etc...

Il me reste à m'habiller... je trouv eun coin derrière un paravent, enlève joyeusement tous mes vêtements... et m'apercoit que l'une des Débutantes planquée là est sur les genoux de son homme, lequel apparemment semble mater le spectacle.  Bon... Hemma noue mon corset et nous voilà partis: il est l'heure de se mettre en rang.

Vous savez quoi? J'ai un trac d'enfer.

Nous nous alignons dans une arrière-salle. Les photographes commencent à mitrailler. Il est l'heure d'avancer. Nous prenons au passage nos bouquets de fleurs. Je suis dans la colonne de gauche, j'ai un bouquet aux couleurs de l'Autriche. Ma voisine de la colonne de droite a un bouquet aux couleurs de l'Italie, pays invité cette année. Nous nous alignons sur les marches de marbre qui nous conduiront sur le parquet de la grande salle. Le trac monte encore.

L'hymne des Kaffeesieder retentit. Le cortège s'ébranle sous l'oeil vigilant du vieux Monsieur Elmayer. Nous entrons dans l'arène. C'est parti, le coeur battant.

Le cortège fait son entrée sur la Polonaise de Ziehrer, conformément à la tradition, et vient se placer en Spalier. Les invités d'honneur passent ensuite entre nos rangs. Nous voyons défiler le meilleur et le pire de la mode, notamment une robe vert pomme épouvantable déjà présente l'an passée. Deux danseurs de l'opéra exécuteront ensuite un supebe numéro sur un air de tango.

 

Nous opérons ensuite un changement de côté sur la Fächerpolonaise de Chopin et venons gagner nos places de chorégraphie, toujours en Spalier. Le ballet du Staatsoper viendra danser à son tour. Puis nous reformons le cortège et partons en Fontaine (la colonne de droite faisant un demi-cercle vers la driote, celle de gauche vers la gauche, les deux colonnes opérant un autre demi-tour au fond pour venir se positionner en rangs de quatre couples). Le cortège s'étire ensuite sur toute la longueur de la salle, et la vue d'ensemble donne ca.

Nous dansons ensuite notre polka d'ouverture, puis écoutons les discours d'ouverture, cette année heureusement fort courts.

Madame le ministre de la Santé fait rire tout le monde en remerciant le corps de ballet de ne pas avoir dansé le Lac des Cygnes (deux cygnes ont été retrouvés la veille en Styrie, morts de la grippe aviaire), puis en invitant tout le monde à savourer ses oeufs et sa schnitzel de volaille au petit dej post-bal, disant qu'en tant que ministre de la santé elle était bien placée pour dire que c'était bon pour la santé.

Nous avons ensuite repris une formation de Spalier pour laisser danser la Formation Elmayer. Léger couac au moment de la rejoindre pour la fin de la valse d'ouverture: Thibault et moi avions les journalistes parqués sur l'ourlet de ma robe. Impossible dans ces conditions de danser le compliment dans les règles de l'art. Botter les fesses des photographes du bout du pied n'eût pas été conforme au protocole. Nous avons donc tout bonnement enjambés ces messieurs et nous sommes placés, en position de valse, sous leur nez, sautant élégamment la révérence et entamant directement notre valse.

Grand compliment final, il est l'heure du Alles Walzer... und viel Vergnügen!

PS: La suite demain matin, c'est promis.

Par Princesse Strudel - Publié dans : La Saison (Bals viennois)
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Mercredi 22 février 2006 3 22 /02 /2006 19:42

La suite, la suite...

La suite la voici.

Nous avons terminé la valse sur un grand compliment aux invités d'honneur, juste aux pieds des parents de Thibault avec qui nous avons papoté dix minutes. Vu le monde qui se pressait sur la piste de danse pour danser la première valse ("Wiener Blut"; une valse viennoise de Strauss et une de mes préférées) nous sommes allés prendre des photos dans l'escalier d'honneur, devant la statue de l'Empereur Franz, comme le veut la tradition.

Voici donc ma copine Barbara, dite Babsi, charmante dans sa robe de bal toute neuve, et mon cavalier du Bal des Fleurs, René, que je lui ai "prêté" pour l'occasion (Babsi étant la demoiselle à qui j'ai procuré et les cartes, et le cavalier).

Voici Thibault, ses parents et moi

Voici Thibault avec moi, pour notre dernier bal.

Nous avons ensuite laissé ses parents se balader et danser, et sommes allés nous réfugier dans notre garde-robe pour boire un verre, grignoter, enlever ma couronne (et la rendre pour récupérer les 60 EUR de caution). 

Et voici le visage du beau Luki (oui, parce qu'en plus il est mignon), avec le Strudel sur ses genoux.

Pour regagner la salle de bal vu le trafic ambiant, nous avons pris l'escalier des messagers, dit "Botschafterstiege"; mon escalier favori car on dirait que le temps s'y est arrêté. C'est là qu'on improvise des pique-nique les soirs où il n'y a pas de garde-robe spécialement prévue pour nous, c'est là aussi que les couples se forment ou se câlinent.

Rendez-vous était pris avec les parents de Thibault et "la clique" pour le quadrille public, précédé de la Mittenachtanlage (l'animation de minuit). A minuit moins dix nous étions donc assis en rang d'oignon sur les marches de la scène pour écouter des extraits d'opéra.

Et puis les premières mesures magiques, nous formons les rangs. En vis à vis Alexandra la rousse et Monsieur Malgracieux, en voisins de droite René et Babsi, en voisins de gauche Hemma et le SF, en diagonale gauche le Jars et sa rouquine, en diagonale droite la délicieuse Jacqueline et un séduisant inconnu. C'est parti mon Kiki!

Il y a un monde fou et le quadrille est un bazar monstrueux, entrecoupés de galop entre les rangs plus fuos les uns que les autres. Je galoperai avec tous mes voisins, Hemma et Alex compris.

Nous terminons le quadrille par un galop effrené, que Thibault et moi, vue la foule, transformeront en polka, sautillant gaiment de ca de là comme de joyeux corbeaux (les corbeaux sautillent, vous n'avez jamais remarqué?) tout en piaillant "youououou" (pour moi) et en soupirant devant mes piaillements "pour lui". Pendant le galop les couples forment des tunnels, nous sommes passés dessous, "pour le plaisir".

A l'occasion du Kaffeesiederball sont décernés les Oscars de la Chocolaterie. La pâtisserie Oberlaa a remporté la seconde et la première place, de facon à mon avis méritée car ils ont des gâteaux excellents. ;+) On admire au cours de la soirée de superbes sculptures en chocolat sur un thème précis, cette année, Mozart (je sais bien qu'elle est à l'envers, l'image, mais j'ai oublié de la retourner avant de la mettre en ligne). :+)

A notre grande déception il n'y eut qu'un quadrille. :+( Cette année les organisateurs auront été plutôt chiches, car hormis au TC (et au Phili, mais je n'y étais pas), il n'y a pas eu de second quadrille. Bande de radins.

Nous avons malgré tout joyeusement poursuivi le bal jusqu'à la dernière valse, à quatre heures trente (bande de couche-tôts!!! Normalement on finit à 5:00). Danses, balades, photos... Ca donne ca

Avec Hemma 

 

Par Jeune Fille Viennoise - Publié dans : La Saison (Bals viennois)
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Mercredi 22 février 2006 3 22 /02 /2006 19:52

Quatre heures trente, fin du bal sur les dernières notes de la traditionnelle valse lente "Brüderlein Fein". Déjà s'achève ce grand soir, ce bal superbe et dont je me suis fait une telle joie. Une fois encore la soirée fut à la hauteur de mes attentes, un rêve éveillé.

Une dernière photo devant le superbe rideau de décoration de la scène.

Une autre avec une trompette qui traînait par là (je promets que je n'ai pas soufflé dedans pour voir si ca faisait trembler les murs). Ca a fait bien rire son propriétaire, qui m'a bien sûr prise en flag'.

Et les tasses.

Depuis trois ans nous admirons ces superbes tasses, qui décorent chaque année la scène (cette année elles étaient en bas de l'escalier d'honneur, pour changer). Et voilà que, tandis que nous quittons la Hofburg, les tasses nous passent sous le nez, nonchalantes comme des cygnes glissant sur l'onde.

Vous me croirez si je vous dis que j'ai fait les yeux doux aux messieurs qui pourraient le diable sur lequel reposaient les tasses? Abandonnant ma valise, mon manteau, ma veste, mes gants, mon châle, hop hop hop...

Youououououououou!

Ben oui, il a fallu deux messieurs pour me hisser dans la tasse et pour m'en sortir... :+)

Contrairement à l'an passé où nous nous étions retrouvés une bonne dizaine pour le petit déjeuner, ce fut cette fois-ci un tête à tête au Landtmann pour Thibault et moi.

Dernier bal avec Thibault, dernière ouverture, dernier petit déjeuner partagé. La page se tourne sur trois saisons et un peu plus de deux ans de rires, de disputes, de cris et de larmes, de complicité parfois boudeuse, de brouilles mémorables et d'amitié. Bon vent, mon chou.

Par Princesse Strudel - Publié dans : La Saison (Bals viennois)
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