Jeudi 1 mars 2007

Oui, je suis en retard. C'est qu'en menant une vie de patachon entre deux journées de travail bien chargées, il est difficile de faire un comte rendu au jour de le jour de la Saison.

Le TC, donc... Un bal à guichets fermés pour lequel il est asez difficile d'avoir des places. Ayant ouvert l'an passé, je ne suis pas censée être de nouveau Débutante cette année.  Car, ô suprême injustice, si les messieurs peuvent ouvrir le TC plusieurs fois (10 fois pour deux ou trois d'entre eux...), les dames, elles, sont priées de se contenter d'une Ouverture. Qu'à cela ne tienne... Je me suis dit qu'avec un peu de chance je serai retenue pour être "Ersatz" (remplacante). Et finalement, "ca l'a fait", comme je vous le racontais ici

http://viennoiseries.over-blog.com/5-categorie-397950.html

et là

http://viennoiseries.over-blog.com/15-categorie-397950.html

Après le Philharmonikerball du jeudi soir et une après-midi de shopping sous la pluie puis la Générale vendredi, une bonne nuit de sommeil et...

Ca y est! Isti vient me chercher  et nous partons pour le Musikverein, une bonne heure à l'avance. Cette année encore nous n'avons pas de petite salle pour nous changer et n'avons droit qu'à un bon de vestiaire. Ceux qui viennent avec un manteau plus un sac, par exemple, auront le privilège de payer 3.70 EUR par pièce supplémentaire.

Le président du TC invite le comité à un cocktail pré-ouverture. Nous sommes recus somptueusement dans un salon privé pour déguster des petits fours et boire un verre.

Et vient l'heure de former les rangs, puis d'escalader les innombrables escaliers qui mènent jusqu'à la salle dorée, celle que vous pouvez admirer si vous regardez chaque année le Concert du Nouvel An du Wiener Philharmoniker.

Nous formons une haie d'honneur. Le premier groupe fait son entrée dans la salle, puis viennent les invités de marque. Nous, le second groupe, fermons la marche au son de la traditionnelle Polonaise de Zierer. Nous rejoignons l'ensemble du comité et prenons nos positions pour le quadrille.

Allez mettre ca sur le compte de la distraction ou d'un rhume (non, je n'ai pas bu) mais moi qui danserait  le quadrille les yeux bandés, en dormant ou après une bouteille de champagne, je me suis ce soir-là magistralement plantée, à deux reprises. Et ce, après avoir passé toutes les répétitions à jouer les adjudant-chefs avec les couples qui nous entouraient, rectifiant leurs erreurs ou guidant le tempo.

Bon, l'avantage c'est que du coup, nous nous sommes bien marrés.

Grand compliment final et la Polonaise de Chopin retentit. Nous reformons les rangs pour exécuter la fontaine et laisser le Carré prendre sa place pour la valse. Au premier du rang, la belle Angelica, toute fiére et toute tremblotante de trac, le président du bal, le vice-président, le président de l'an passé...

Ils danseront leur valse avant notre valse d'ouverture - de laquelle nous avons tous manqué le début, démarrant avec seize temps de retard.

Fuyant la foule qui se presse sur la piste après la valse d'ouverture nous descendons à l'étage des vestiaires pour boire un verre ou grignoter, visiter les différentes salles, faire des photos.

Ma copine Judith et son ami Axel, mon partenaire de danse Isti et moi

Comme de coutume le temps entre l'ouverture et le premier quadrille - dans une salle archi-comble - est passé très vite. La salle ne désemplissant pas après le second quadrille, il était difficile de danser, d'autant que mon cavalier avait visiblement plus envie de discuter avec des amis que de danser. J'ai donc eu le plaisir de quelques valses avec Konrad, aussi gentil et sympathique que bon danseur.

Ou encore avec Philip, digne héritier d'une lignée de crapauds charmeurs

Après un second quadrille dans des rangs toujours aussi bondés, et encore trois heures de danse, le bal s'est achevé sur un "Brüderlein fein" des plus romantiques. Et moi, plantée comme une grande cruche solitaire sur la scène tandis que les couples amoureux oscillent doucement sur cette superbe valse jouée dans une salle plongée dans la pénombre, je me suis sentie plus seule que jamais.

Nous sommes ensuite partis en convoi au Sacher où se tenait le petit déjeuner, rompant avec la tradition du buffet à l'Imperial. Force est de reconnaître que nous avons été mieux recus au Sacher, avec un service à l'assiette au lieu d'un buffet autour desquels il faut jouer des coudes et circuler dans une salle bondée au risque de prendre une assiette de goulasch sur sa robe blanche ou son gilet immaculé, beaucoup plus de chaises et de tables pour s'asseoir...

Lena et Axel au Sacher

Entre deux saucisses Marius a fort élégamment déclaré que les dames, quelle que soit l'heure, avaient toujours l'air radieuses et fraîches. Je me suis subrepticement déchaussée - le ciel soit bénit pour les longs jupons de satin blanc qui permettent de voiler aux yeux du protocole un inconvenant pied nu - pour fouler avec délices une moquette épaisse comme une crêpe ratée. Nous avons papoté, bu, mangé jusqu'à ce que l'aube se lève sur une Vienne déserte comme au premier matin du monde.

par Princesse Strudel publié dans : La Saison (Bals viennois)
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