Jeudi 25 janvier 2007

S'il y a un bal que décidément j'ouvrirai jusqu'à ce que mon arthrite paralyse ma révérence, ce sera le bal des médecins.

Après avoir passé la première demi-heure hier à patiner en rangs, le maître de ballet a décidé de nous faire changer le sens des figures circulaires.

Le groupe de gauche doit tourner vers la gauche pour la première figure, puis vers la droite, puis de nouveau vers la droite.

Le groupe de gauche, lui, tourne toujours vers la droite.

Ah, on change. Le groupe de gauche va toujours tourner vers la gauche. Par contre, le groupe de droite va faire une fois comme ci, deux fois ocmme ca.

Non, ca ne va pas non plus.

Bref, bref, bref.

Après une pause bien méritée au cours de laquelle le maître de ballet décide de supprimer le milieu de la chorégraphie et de tailler un short à la valse (si l'orchestre joue la valse comme de coutume, on est mal, je vous le dis, on est mal) nous sommes invités à reprendre nos positions d'après la figure intitulée "second jeté de dames" (au cours de laquelle nous, demoiselles, tournicotons, pour atterrir chaque fois dans les bras d'un danseur différent qui nous attrappe par les ailerons, que nous gardons soigneusement étendus comme les ailes d'un cygne qui prendra son envol - le cygne par allusion à nos robes, pas à la grâce de ces dames).

Puis, chaque rang doit tourner d'un quart de tour, qui vers la droite, qui vers la gauche. Nous nous retrouvons donc parallèles à la scène, les rangs tournés alternativement vers la fenêtre ou vers les portes de la salle. et là, ô stupeur: nous devons faire la chenille!!!

Oui oui oui, la chenille. Enfin, le maître de ballet appelle ca le serpent, hein, mais on ne me fera pas avaler de couleuvres: quand vous devez aller placer vos menottes sur les hanches du monsieur (inconnu!) qui vous précède (je suis sûre que Nadine jugera cela non protocolaire, sans parler de Thomas), les mains de votre danseur sur vos hanches à vous, et avancer en rythme, ca s'appelle bien faire la chenille. Vous savez, comme dans "pose tes deux pieds en canard, c'est la chenille qui redémarre"...

Sauf que...

Sauf que le "serpent" doit maintenant s'enrouler sur lui-même et faire "l'escargot". Ah là, ca confine au grandiose. Imaginez une ribambelle de Dèbutants faisant la chenille en zigzagant sous les lustres qui ont vu danser Franz et Sissi...

Mais attendez, le meilleur reste à venir.

Tandis que la musique s'atténue et que la valse prend fin nous devons... descendre. Lentement. Et finir à croupetons. Voui voui voui. Comme quand vous faites la chenille au mariage du cousin Gaston et que le meneur de chenille se met accroupi pour continuer à avancer, histoire de compliquer la chose. Vous voyez le topo?

Changez la robe en polyester de Tatie Monique par une robe blanche (n'oubilez pas le "Muff"!), remplacer le costume de Papy Fernand par un frac, ca y est, vous y êtes...   Je me demande ce que le maître de ballet va encore nous sortir lors de la Générale.  Devrons-nous faire la chenille en balancant gaiment le bras droit dans les airs comme Chantal GOya au mieux de sa forme, histoire d'exhiber fièrement nos manchons?

Céline, tu devrais voir si ta société et toi ne devriez pas sponsoriser ce bal, parce qu'avec les crises de fous rires qu'il va y avoir, certains vont se faire p... dessus.

Bref, pour tous les francopones établis à Vienne et dans les environs: si vous n'avez pas encore acheté vos cartes, dépêchez-vous, car cette ouverture restera dans les annales

par Princesse Strudel publié dans : La Saison (Bals viennois)
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Mercredi 24 janvier 2007

Les répétitions du Bal des Médecins étaient tellement drôlatiques l'an dernier que, lorsque Gerog m'a proposé d'ouvrir cette année avec lui, je n'ai pas hésité.

L'an dernier, année Mozart oblige, nous avions dansé un menuet. Les hommes ne sont pas faits pour danser le menuet, qu'on se le dise.

Cette année, lors de lap remière répétition, on nous a tout de suite fait mettre en rond autour de la salle. Puis l'ordre est venu: "patinez". Oui, oui. Nous devons nous balancer d'un pied sur l'autre, en gilssant sur nos semelles de cuir, comme des skieurs de fond. Nous avons patiné au oins une demi-heure. Car il s'agissait de remuer la tête en cadence. Oui, et de mettre les bras en berceau.

On résume: les jambes en patinage, les bras en berceau, la tête de gauche à droite. Ah ben on est pas sorti de l'auberge.

Le professeur a changé, mais pas le texte: notre maître de danse continue à psalmodier "ouane, tou, sssrrrrui" au rythme de nos pas.

On nous fait mettre en rang, Georg et moi sommes en tête de Comité. Une Débutante au menton en galoche s'élance tout d'un coup en petits glissés zigzagants, rappelant furieusement un poussin pioupioutant après sa poule de mère: Avec la tête et les bras, hein? Et puis, zou, elle s'effondre au milieu de la piste. Le professeur nous intime de pousser un "oh" de stupeur en écarquillant les yeux et en levant les sourcils "fühlen Sie dieses Drama mit" (en gros: "faites preuve d'empathie, erssentez vous aussi cette émotion dramatique").

Le partenaire de la danseuse patine derrière elle, la rammasse. Elle boîtine, s'époussette le genou, glissotte, prend de l'assurance au bras de son danseur et reviens vers nous, lui fait un bisou sur la joue: il nous est intimé de sourire d'un air attendri.

Ca, c'était pour le prélude de la Donau Walzer. Maintenant vient la valse proprement dite, tout le cortège s'élance en patinant. A hocher la tête de droite à gauche je me sens tout à coup un lien étroit avec un dindon cherchant sa pitance.

Le professeur de danse nous renvoie à nos foyers: nous devons répéter notre glissade, et les dames "doivent absolument mettre le bras droit sur le bras gauche, car, Mesdames, vous porterez un "Muff": montrez-le, que le publc sache que la chambre des médecins peut se permettre ce genre de choses".

Le Muff, c'est un manchon: nous allons donc faire la danse des canards les mains dans un manchon. ET avec un diadème sur la tête. Oui Madame, parfaitement. C'est plus la cigogne emmanchée d'un long bec, c'est la dinde emmanchée dans son manchon.

Suite de la chorégrpahie, nous devons faire des tap tap avec nos pointes de pieds, en hochant la tête en cadence. Vous ai-je dit que je me sentais comme un volatile picorant... ? L'impression ne se dément pas.

Seconde répétition dans vingt minutes. Allons, je vous laisse, je dois aller patiner, moi.

PS: la voyante avait dit que l'homme de ma vie aurait un lien avec la médecine. Vous croyez que le manchon et la danse du dindon, ca va aider à le rencontrer? Sérieusement?

par Princesse Strudel publié dans : La Saison (Bals viennois)
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Mercredi 24 janvier 2007
Chose promise, chose due. Voici le récit détaillé du bal du Philharmonique, le 18 janvier 2007.

 

 

J’ai ouvert ce bal pour la première fois en 2005 avec Thibault, ainsi que Daphnée et Edgard. Nous nous étions retrouvés dans la Polonaise, le groupe qui fait tapisserie tandis qu’entrent les invités d’honneur et que le Carré danse.

 

 

Officiellement, font partie du Carré les danseurs émérites. Officieusement, font partie du Carré ceux qui ont un nom prestigieux, des relations, et idéalement les deux à la fois.

 

 

Cette année j’ai ouvert le Philharmonique avec Beau Cavalier. Après une audition plutôt calamiteuse (cf le billet « Philharmonikerball – Audition en cliquant ici :

 

http://viennoiseries.over-blog.com/5-categorie-397950.html)

 

j’ai recu un courrier m’informant que Beau Cavalier et moi faisions partie, cette année encore, de la Polonaise.

 

 

Jeudi, 17.30 : chamailleries avec la comptable qui veut un document « maintenant tout de suite » alors que je viens d’avoir en mains ledits documents. Gros râlage du Strudel qui finit par dénicher le vrai responsable et s’empresse de prendre la clé des champs avant qu’on n’ait la malencontreuse idée de lui demander encore un truc barbant.

 

Jeudi, 19.00 : arrivée de Lena et Marius pour qu’on se prépare. Je pensais plutôt inviter Léna pour des préparatifs et papotages entre nanas, mais Marius est resté pour nous tenir compagnie avant de nous emmener galamment au Musikverein pour que nous n’ayions pas à arpenter les rues à pied dans nos robes blanches.

 

 Marius et Lena

 Paul et moi

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jeudi, 21.00 : mise en rangs au deuxième sous-sol du Musikverein. L’ouverture est à 22.00 seulement, mais nous devons être à pied d’œuvre dès 21.00. Crapaud Charmant arrive, comme il se doit, très en retard, d’autres arriveront un peu gais après avoir éclusés quelques verres.

 

 

Florian et Félix

Jeudi, 21.30 : la tension monte dans les rangs des professeurs de danse, les Débutants eux vont, viennent et chahutent, rien que du très ordinaire. Beaucoup d’entre nous ont déjà ouvert plusieurs bals, et puisque nous faisons partie de la Polonaise, notre rôle est réduit.

 

Franziska et Ferdinand

Jeudi, 21.45 : les demoiselles recoivent un bouquet d’œillets jaunes, les messieurs, un œillet assorti à épingler à leur revers.

 

Nous gravissons les escaliers, jupon relevé sur le bras, cramponnées à nos danseurs, et allons prendre position à l’entrée de la grande salle du Musikverein. J’ai le plaisir de tomber nez à nez avec Nicolas, en compagnie de Connie qui a pris la place de la belle Alexandra, clouée au lit par la fièvre.

Nicolas et Conny

 

Les premières notes de la Polonaise de Ziehrer retentissent et notre premier groupe se met en marche, les rangs formés sur quatre colonnes. Arrivés devant la scène nous effectuons le mouvement de la fontaine et allons prendre nos positions pour former le Spalier, ou haie d’honneur.

 

Le deuxième groupe de la Polonaise fait son entrée et les couples viennent prendre leur position, juste sous le nez des couples déjà en place. Manque de chance, votre Strudel est derrière un géant gigantesque qui l’empêche de pouvoir regarder et critiquer les tenues des invités tout à son aise. Du coup c’est Beau Cavalier qui y va de ses commentaires.

 

 

Entrée des invités d’honneur, donc, puis du Carré, et enfin, du Philharmonique de Vienne.

 

 

Entendre pendant dix minutes le célèbre orchestre jouer un pot pourri des meilleurs airs viennois est un moment rare entre tous, surtout quand vous êtes à deux pas et jouissez d’une parfaite acoustique.

 

 

Le Carré danse ensuite sur une joyeuse polka au titre fort plaisant : « Ohne Sorge » ("Sans souci").

Je vous avouerai franchement que, lors de la Générale, la Polonaise n’a pas applaudi le Carré. Nous sommes un peu mesquins, voyez-vous. Il y avait dans la Polonaise d’excellents danseurs, qui râlent bien sûr un peu de voir dans le Carré des canards boiteux. Lors de l’Ouverture nous n’avons pas applaudi non plus, mais c’est parce que le protocole interdit aux Débutants de faire autre chose que décorer et sourire. Promis. Sinon nous aurions bien sûr applaudi. Peut-être.

 

Compliment final, puis Polonaise et Carré forment le grand groupe pour danser le grand compliment et prendre position pour la valse d’ouverture tandis que les.

 

Les trois Flerckerlpaare (couples dansant la valse sur place) ouvrent la danse, suivies du cercle intérieur (le Carré) puis du cercle extérieur (la Polonaise). Compliment final avant les mots magiques : « Alles Walzer ». C’est le moment stratégique de l’éclipse des Débutants. Tout le public du Philharmonique se rue sur le parquet dans une foule rappelant furieusement les Champs un soir de finale de Coupe du Monde, et il faut être masochise ou croisé bulldozer pour rester là à se faire écraser les pieds, le nez, et le reste.

 

Lena et moi nous réfugions dans un coin des vestiaires pour changer de robe, avant de rejoindre nos danseurs pour boire un verre, faire des photos, manger quelque chose. Et, oups…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ci-dessus Marius et Lena, ci-dessous votre Strudel avec Benedkit, Flo, Cordula et Wolfgang

Il est bientôt minuit, heure du premier quadrille !

 

Les rangs se placent en un clin d’œil dans une bousculade généralisée tandis que Thomas Schäfer-Elmayer, maître de danse de la soirée, attend le début de la musique pour annoncer les figures.

Thomas Schäfer-Elmayer

 

Premier tour, galop entre les rangs. C’est le moment de traverser la salle en sautillant et en criant « youououououou » comme un Apache, accroché(e) à votre cavalier, au cavalier de votre voisine, à votre copine, à un peu qui vous voudrez.

 

Bien entendu, vous n’avez pas encore retrouvé votre place que la musique reprend pour le deuxième tour.

 

Plus on avance dans le quadrille et plus la danse se déchaîne. Au quatrième tour les messieurs se voient contraints de sauter par-dessus les mains jointes des danseuses au lieu de passer en dessous comme dans tout quadrille bien civilisé (si seulement j’étais aussi douée pour faire sauter les hommes à travers les cerceaux que pour les faire sauter à pieds joints, hein…). Au cinquième les demoiselles sont portées à bout de bras au lieu d’être gentiment promenées. Le tout ne va pas sans écrasement d’orteils, coups de coudes dans les côtes et autres écorchures et bleus. Qu’importe, on s’amuse.

Ci-dessous: révérence des dames au cinquième tour du quadrille, port des dames au cinquième tour

Le sixième tour est répété une, deux, trois fois, en augmentant chaque fois le rythme. Beau Cavalier est vigoureusement chassé par Coco qui prend sa place, lui même se retrouvant dame du cavalier de ma copine. C’est le chaos. C’est génial.

Fin du quadrille, Timmi a perdu sa danseuse devenue "mon danseur"

Le quadrille s’achève sur un galop endiablé dansé sur un air de cancan d’Offenbach. En avant, en arrière, changement de direction, passage sour les bras tendus formant un tunnel, le tout au galop sur un parquet ciré.

 

 Galop final

Repos bien mérité après la valse viennoise. Beau Cavalier disparaît pour aller chercher un de ses copains, temps que je mets à profit pour quelques danses étourdissante avec Czaba, le meilleur danseur de fox-trott, slow-fox et valse lente que je connaisse. A peine le temps de redescendre au dernier sous-sol que c’est déjà l’heure du second quadrille.

 

 Sixième tour au second quadrille

 

 

 

 

 

Beau Cavalier, patraque, tire sa révérence sur les coups des trois heures.

Je danse quelques rocks du tonnerre avec le charmant jeune Bruno (les Viennois ne savent pas danser le rock, qu’on se le dise.

Ci-dessous: Bruno, Gabrielle et Charles

Ils dansent le jive et le boogie, le rock n’roll reste inconnu au bataillon) puis retrouve Czaba, dont la cavalière a visiblement pris la poudre d’escampette (merci Mademoiselle), sous les ors de la grande salle de danse.

 

Il est déjà cinq heures et l’heure de « Brüderlein fein », valse lente mélancolique et charmante qui clôture presque tous les bals. Les lumières sont éteintes, la musique est douce. On danse traditionnellement cette dernière valse avec son cavalier d’ouverture, ou son cher et tendre. La solitude m’étreint en voyant tous ces couples s’embrasser enlacés. L’atmosphère est tendre et douce, paisible, et je donnerais bien une moitié de strudel (pas le strudel entier, quand même, faut pas charrier) pour poser moi aussi ma petite tête de fille sur une épaulse accueillante.

 

 

Alexander surgit après la dernière valse pour… la dernière valse. Scandale au Philharmonique, on joue une valse viennoise après le Brüderlein ! Nous dansons et dansons, le rythme d’une valse viennoise est plus enivrant que le plus capiteux des vins.

 

 

C’est la bousculade dans les escaliers pour récupérer les manteaux. Nous traversons la rue à la hâte pour nous réfugier, avec Constantin et Viktoria, dans les luxueux salons de l’Impérial où nous attend un Katerfrühstück (Kater = chat, donc : petit déjeuner de chat. Mais Kater = courbatures, Kater = gueule de bois). Donc, en gros, c’est le petit déjeuner qu’on prend après une soirée trop arrosée, ou une longue nuit, avant d’aller se coucher.

 

 

Le Katerfrühstück traditionnel se compose de goulasch et de pain, ou bien de saucisses et d’un petit pain, le tout accompagné de moutarde et de raifort frais, et arrosé de bière, bien sûr.

 

 

Il est sept heures et le jour s’est levé sur Vienne. Alexander me reconduit galamment jusque chez moi avant de repartir au bureau (sans dormir. On est viennois ou on ne l’est pas). Quant à moi, enfin libérée de mon corset, je me plonge dans un bain puis dans mon lit. C’est que, dans quelques heures, j’ai la Générale du TC.

 

L’histoire du bal, les photos officielles, et les informations sur l’Orchestre Philharmonique de Vienne en général se trouvent ici :

 

 

http://www.wienerphilharmoniker.at

 

par Princesse Strudel publié dans : La Saison (Bals viennois)
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Mardi 23 janvier 2007

Suite au message de Misty concernant l'unité du Comité d'Ouverture voici un petit billet sur la Débutante et son accessoire principal: son cavalier.

La Débutante est en blanc.

Comme vous le montrent ici Strudel, Moineau et Pimprenelle

De la tête au bout des orteils.

 

Certaines empruntent la robe de mariée d'une mère, sans doute d'une grand-mère tant on voit de ringardises et de meringues. D'autres vont acheter leur robe chez Pronuptia. Le mot d'ordre est: blanc.

 

Sauf pour les Trachtenbälle, ou bal en tenue traditionnelle, auquel cas l'unité se fait de façon différente.

 

Blanc de blanc en théorie. Sauf qu'il y a toujours une fille ou deux ou dix) en ivoire, crème et autres beiges. Je n'ai jamais vu refuser une demoiselle pour cause de couleur de robe, mais il paraît que certains comités sont particulièrement sévères.

 

Pas de crinoline mais certaines demoiselles glissent quand même un cerceau sous leur jupon, ça rend certains pas de danse un peu compliqués pour les voisines ou les cavaliers.

 

 

La robe est (théoriquement) "bodenlang": pas simplement "longue" (langes Ballkleid) mais vraiment au ras du plancher. Quand votre cavalier a fraîchement ciré ses chaussures, votre ourlet se retrouve copieusement maculé de noir. Ceci étant, il y a pas mal de filles qui portent malgré tout des robes à la cheville.

 

 

La Débutante porte des gants blancs montant au-dessus du coude. Sauf au Leos Ball où, après avoir passé cinq bonnes minutes à regarder une cérémonie d'ouverture consternante et à me demander ce qui clochait, j'ai fini par comprendre: les dames étaient bras nus. Scandale.

 

 

Les collants de la Débutante sont blancs. A la rigueur, chair. Sauf pour le Jägerball, où le blanc est de rigueur sous l'ourlet du tracht.

 

 

La Débutante porte des chaussures blanches fermées. Sauf dans les bals moins stricts, ou sous une robe bien longue: certaines n'hésitent pas à tricher et à porter des chaussures ouvertes, ou même de couleur.

 

 

La culotte de la Débutante est blanche ou chair, ça évite les traces atroces sous une robe trop étroite ou mal doublée ou encore, de mauvaise qualité. La culotte rose sous la robe blanche (véridique) ça fait désordre.

 

 

La Débutante porte parfois une couronne (Kaffeesiederball), un diadème (Ärzteball, Concordia 2006), voire une tiare (Opernball 2006). Sinon, il est formellement défendu d'arborer un bijou dans les cheveux (sauf dans les petits bals, où les Débutantes peuvent faire à peu près n'importe quoi, des chaussures aux bijoux).

 

 

La Débutante porte un bijou blanc, à la rigueur uni or ou argent. Pas de pierres de couleur.

 

 

La Débutante n'a pas de sac à main pendant l'Ouverture, encore moins de chewing-gum ou d'appareil photo. Elle sourit.

 

 

Sauf à l'Opernball la Débutante peut choisir de se changer après l'ouverture, notamment pour ne pas salir sa robe en vue d'une prochaine ouverture. Quant à moi j'aime bien changer le haut: sur 15 bals par saison j'en ouvre au moins une dizaine, et dix bals dans la même robe, ça finit par lasser. Et puis j'adore sortir mes corsets.

 

 

La Débutante a un cavalier.

 

 

Le Cavalier porte:

 

*un frac: dans les très grands bals (Opernball, Technikercercle, Philharmonikerball), dans les moins grands bals qui veulent se donner des allures de grand bal (Alt Schotten Ball, ÖVP Ball, CIC Ball, Theresianisten Picknik). Avec une montre de gousset et la chaîne de montre en or, s'il vous plaît.

 

*un frac OU un smoking: Kaffeesiederball, Ärzteball, Juristenball Dans le cas où les messieurs peuvent choisir, les rangs de devant sont toujours formés par les messieurs en frac. Personnellement, je trouve que rien ne va mieux à un homme qu'un frac (ou un uniforme militaire), donc je tanne toujours mon danseur pour qu'il arbore sa redingote.

 

*l'uniforme de gala (blanc): Opernball

 

*l'uniforme olive: Offizierball, Concordiaball

 

*un smoking: dans les bals moins prestigieux

 

*un smoking ou un costume sombre avec nœud papillon: je ne fréquente pas les bals où on ouvre en costume (oui, je suis snob).

 

 

Avec le frac le Cavalier portera TOUJOURS des chaussures vernies.

Tout ce noir et tout ce blanc, ca donne ca ( Ball der TC 2006, le comité est en rangs d'oignons pour le Quadrille d'ouverture)

 

Au Jägerball où l'ouverture se fait en Dirndl, les critères édictés pour avoir une unité visuelle du Comité sont les suivants:

 

Pour les messieurs: pantalon sombre, veste de tracht.

 

Pour les dames: Dirndl sur blouse blanche, tablier de soie, jupe arrivant dix centimètres au dessus de la cheville, collants blancs, chaussures noires fermées, sans boucles ni brides.

 

par Princesse Strudel publié dans : La Saison (Bals viennois)
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Jeudi 18 janvier 2007
En attendant de retrouver le texte que j'avais pondu sur les rituels réglant la Saison - et ceux régissant les bals - voici une explication des cérémonies d'ouverture pour Clara et celles et ceux qui n'ont pas connu mon ancien blog "la vie viennoise".
 
Un bal commence donc par une cérémonie d'ouverture.
 
Ladite cérémonie obéit à un rituel immuable réglant tous les grands bals (et à peu près tous les autres, à quelques rares exceptions près).
 
Ouverture moins vingt minutes: les Débutantes et leurs cavaliers forment les rangs dans un couloir, fleurs et éventuellement boutonnières pour les messieurs sont distribuées.
 
Ouverture moins dix minutes: toute la colonne gravit l'escalier d'honneur et vient prendre position derrière les portes de la salle d'honneur, ou juste à l'entrée, quand la salle est dépourvue de portes (Bal de l'Opéra, bals au Musikverein et au Rathaus).
 
Ouverture: tandis que résonnent les premières notes de la Polonaise de Ziehrer les couples font leur entrée sur le parquet. Il y a souvent quleques marches traîtresses à descendre: le jeu consiste à ne pas manquer de marche, à ne pas piétiner la robe de la demoiselle qui vous précède et à ne pas laisser piétiner la vôtre. Le tout, en tenant la main de la dame qui est votre vis-à-vis ET vos bouquets entre vous deux. Le tout, en se tenant droite et en souriant.
Arrivé en bout de parquet la colonne se sépare, qui vers la droite, qui vers la gauche, et les couples vont prendre leur place dans le "Spalier", ou haie d'honneur. Il arrive que les couples entrent en deux groupes distincts (Philharmoniker).
La musique change pour l'entrée des invités d'honneur: ministres, diplomates, personnalités du monde des affaires ou de la culture font leur entrée. C'est le moment d'observer les robes des dames, et de se moquer copieusement. Le bouquet reste soigneusement tenu à deux mains, sourire de rigueur, tête droite. On ne papote pas, on ne mâche pas de chewing-gum, on ne fait pas des mamours à son cavalier. On décore.
 
Viennent ensuite (mais pas toujours) des numéros artistiques: chant, ballet, ... C'est un privilège rare que de pouvoir admirer les danseurs du corps de ballet jusque sous la pointe des chaussons, ou de se tenir à cinq mètres d'Anna Netrebko. Mon "Anlage" (numéro) favori reste quand même celui de la fanfare de l'armée autrichienne, qui gratifie chaque année le public du Bal des Officiers d'un spectacle enthousiasmant, drôle, rythmée, enlevé, d'une qualité exceptionnelle, que ce soit au niveau du son, de la chorégraphie, de l'exécution ou de l'impertinence. Après ou en guise de "Anlage" il peut y avoir une danse du "Carré", si Carré il y a (Philharmoniker, TC...).
 
Vient ensuite la Polonaise en A dur (ce qui doit se traduire en francais par un Do majeur, mais je ne suis pas très sûre de moi) de Chopin: le Spalier reprend sa formation de groupe. C'est aussi le moment où on inclut le "carré" -si carré il y a- aux couples de la polonaise. Après le grand compliment, vient (sauf si le carré a dansé) la chorégraphie de groupe. Pour te répondre, Clara, la chorégraphie change en général d'un bal à l'autre. Il faut donc plusieurs répétitions pour l'apprendre. Seuls trois bals à ma connaissance commencent par un quadrille, dont beaucoup connaissent la chorégraphie par coeur puisqu'on danse le quadrille à chaque bal. Il est donc rare de remplacer au pied levé un couple manquant dans une cérémonie, sauf si on est "réserve" et qu'on a fait toutes les répétitions. Dans le cas du Alt Schotten Ball, qui s'ouvre par un quadrille, il était simple de venir au pied levé. Le pari serait plus hasardeux pour un bal ayant sa propre chorégraphie.
 
La chorégraphie se termine sur un grand compliment, et vient ensuite le moment des discours. ceux-ci, parfois interminables, ont ds effets dévastateurs sur les Débutantes, puisqu'il en tombe régulièrement une évanouie sur le parquet. Ceci dit, les organisateurs préfèrent décimer un comité plutôt que réduire la durée des discours. Les Juristes sont les bavards les plus redoutables, suivis par les Kaffeesieder. Les plus concis sont les organisateurs bu bal de l'opéra: pas de discours.
 
Vient la première valse, celle des Débutants: petit compliment, quelques tours de valse à gauche, grand compliment. Et voici les mots magiques: "alles walzer". Tout le monde rejoint le Comité sur la piste, le bal a commencé.
par Princesse Strudel publié dans : La Saison (Bals viennois)
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